Pierre Gable Auteur&Photographe

Les enfants observent le monde en fixant leur attention sur des details. Pour la plupart d’entre nous, ces fragments sont insignifiants. Ils n’ont jamais une vue globale, l’univers qui les entoure est trop abstrait, trop vaste. L’ensemble est parcellaire. Ils concentrent leur vue sur un monde que les adultes ne percoivent plus au premier regard. Ces derniers ont eux une vue holistique sur le monde qui les entoure, c’est aussi surement ce qui les rattache à la raison, ou les conduits vers la folie, allez savoir. Je tente modestement a travers mes images de retrouver ces fragments d’enfance, de figer ce qui est invisible pour la plupart d’entre nous.


Pierre Gable

Etudiez bien le regard de l’enfant
Essayer de suivre le chemin qu’il parcourtEt si vous parvenez à bien suivre la routeVous serez seul vivant dans le pays des dieuxMichel Bernanos (Au devant de vous)

Etudiez bien le regard de l’enfant

Essayer de suivre le chemin qu’il parcourt

Et si vous parvenez à bien suivre la route

Vous serez seul vivant dans le pays des dieux


Michel Bernanos (Au devant de vous)

« Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence. » Chateaubriand

« Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence. »
 Chateaubriand

Câd Goddeu, Combat des Arbrisseaux 
Extrait
Alors ils furent enchantés en arbres,et dans l’attente de n’être plus arbres,les arbres élevèrent leur voixen quatre flots d’harmonie.
Les combats cessèrent.

Câd Goddeu, Combat des Arbrisseaux 

Extrait

Alors ils furent enchantés en arbres,
et dans l’attente de n’être plus arbres,
les arbres élevèrent leur voix
en quatre flots d’harmonie.

Les combats cessèrent.

Au cirque de l’enfance
 
Enflammez les fanions
Lancez les cotillons
Voyez, je suis la reine
Mais qu’on ne s’y méprenne
C’est toi qui mène.
Manège, tourbillon
La poupée de chiffon
C’est moi, plus rien ne brille
En moi, faites que brillent
Tes pupilles.
Canaille, tu es le clown,
Dis-moi, combien de rounds
Pour te payer ma tête
Combien de pirouettes
De galipettes ?
Voilà, je suis KO
Je flirte avec la mort,
Sous le grand chapiteau
J’aperçois ton chapeau
Qui tourne encore.
Je mime le bonheur
Tu frimes, bouche en cœur
En ignorant la phase
Critique où tu embrases
Mon ombre chinoise.
J’ai les tripes qui brûlent
J’ai la tête qui fume
Fais moi le coup final
Balance le grand voile
Des étoiles.
Vienne le magicien
Réveiller dans mon sang
Ce temps, mon enfant-roi
Ce temps béni des rois
Où je fus toi.

Héloïse Combes

© Héloïse Combes 2011- PHOTO : Pierre GABLE

Au cirque de l’enfance

Enflammez les fanions

Lancez les cotillons

Voyez, je suis la reine

Mais qu’on ne s’y méprenne

C’est toi qui mène.

Manège, tourbillon

La poupée de chiffon

C’est moi, plus rien ne brille

En moi, faites que brillent

Tes pupilles.

Canaille, tu es le clown,

Dis-moi, combien de rounds

Pour te payer ma tête

Combien de pirouettes

De galipettes ?

Voilà, je suis KO

Je flirte avec la mort,

Sous le grand chapiteau

J’aperçois ton chapeau

Qui tourne encore.

Je mime le bonheur

Tu frimes, bouche en cœur

En ignorant la phase

Critique où tu embrases

Mon ombre chinoise.

J’ai les tripes qui brûlent

J’ai la tête qui fume

Fais moi le coup final

Balance le grand voile

Des étoiles.

Vienne le magicien

Réveiller dans mon sang

Ce temps, mon enfant-roi

Ce temps béni des rois

Où je fus toi.

Héloïse Combes


© Héloïse Combes 2011- PHOTO : Pierre GABLE

WEBSITE

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COURANT D’AIR (2011)Du vernis sur les onglesEt puis sur tout le corpsEnvolées mes fissures  Cachées sous le décor La route a été longue Minée, j’en suis pas sûre J’ai tenté l’aventure La vie sans réconfort Mais toi si tu veux bien Il reste de la place Regarde sous mes fenêtres Y’a comme de l’air qui passe… Tu s’rais mon courant d’air Mon voyage dans l’espace Mon bel orage Quand tout s’éclaire Tu s’rais mon courant d’air Mon voyage dans l’espace Mon bel orage Mon bel éclair Du noir autour des yeux Sans larmes qui dégoulinent Je suis derrière le bleu Celui de la vitrine En rayon j’ai des heures De bonheur et de spleen Des petits bouts d’mon cœur Qui parfois s’illuminent Pour toi si tu veux bien Je ferai de la place J’ouvrirai mes fenêtres Je suis la fille d’en face… Tu s’rais mon courant d’air Mon voyage dans l’espace Mon bel orage Quand tout s’éclaire Tu s’rais mon courant d’air Mon voyage dans l’espace Mon bel orage Mon univers

Texte Guilam http://www.guilam.com/
 Photo : Manon Gable
 

COURANT D’AIR (2011)

Du vernis sur les ongles
Et puis sur tout le corps
Envolées mes fissures
  Cachées sous le décor

La route a été longue
Minée, j’en suis pas sûre
J’ai tenté l’aventure
La vie sans réconfort

Mais toi si tu veux bien
Il reste de la place
Regarde sous mes fenêtres
Y’a comme de l’air qui passe…

Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Quand tout s’éclaire
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Mon bel éclair

Du noir autour des yeux
Sans larmes qui dégoulinent
Je suis derrière le bleu
Celui de la vitrine

En rayon j’ai des heures
De bonheur et de spleen
Des petits bouts d’mon cœur
Qui parfois s’illuminent

Pour toi si tu veux bien
Je ferai de la place
J’ouvrirai mes fenêtres
Je suis la fille d’en face…

Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Quand tout s’éclaire
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Mon univers


Texte Guilam http://www.guilam.com/


Photo : Manon Gable

 

                                             Pierre Gable Auteur Photographe  
                                                   

FOTOVISURA

L’interprétation des signes - La boîte à ooTi - Slide Photos de Pierre Gable par ooTiSkulf

La Boîte à ooTi est née de la rencontre de la chanteuse ooTi *et de John Trap* et Arnaud Le Gouëfflec*, pygmalions et partenaires, qui lui ont tissé sur mesure ces chansons à énigmes, entre onirisme et inquiétante étrangeté. Elle chante, en français, et partage sur un 1er EP à venir,  1 duo avec Dominique A ( 1 second figurera sur l’album ) , autre oiseau sauvage. Ces 4 chansons, comptines ou charades, évoquent des histoires de boîte qu’il ne faut surtout pas ouvrir, de petites filles qui hantent la rivière,  de chevalier prisonnier du miroir et de signes à déchiffrer. Elles dégagent un parfum de Tim Burton, doublé de sorcellerie bretonne, avec brasier de guitares et claviers mystérieux. Un univers sonore singulier et des textes au cordeau, marqués par l’enfance, ses trésors cachés et ses ombres.

EP 4 titres  le 4 avril 2011 , 1er album «  La boîte à ooTi » à venir , mixé et masterisé par Gilles Martin .

Ootiskulf : Avec John Trap, Byebye, Arnaud Le Gouëfflec ou en collaboration avec Chapi chapo et les petites musiques de pluie, ooTi promène depuis quelques années sa voix et sa personne également mystérieuses, cultivant un univers onirique et envoûtant qui n’appartient qu’à elle. Si La boîte à ooTi est son premier disque en français, elle a fait ses armes au sein de formations anglophones et a gagné ses lettres de noblesse au feu d’un rock électrique et abrasif.
John Trap est compositeur et arrangeur. Responsable d’une myriade de disques et collaborations ( pOOr bOy - SLuG - Chansons tombées de la lune - musiques de films et documentaires…), on distingue immédiatement sa patte, foisonnante et onirique.Sa musique évoque les fantômes de John Williams, Eels, mais peu importe les références…John Trap seul détient la clef de ce monde sonore, de cet immense cabinet de curiosités dont il est le gardien halluciné. Un monde, un vrai…http://www.noomiz.com/johntrap

Le nouvel EP ‘Rocca Maura’ de Greg Fontaine est enfin disponible!!
N’hésitez pas à aller l’écouter ici ou à le commander là. Vos commentaires sont les bienvenus sur son blog ou son site
Et si vous avez le temps, faites circuler l’info!!!
Copyright Greg Fontaine 2011/ Image Pierre Gable/Graphisme Ghyslaine Chortey
http://www.gregfontaine.com/

Le nouvel EP ‘Rocca Maura’ de Greg Fontaine est enfin disponible!!

N’hésitez pas à aller l’écouter ici ou à le commander 
Vos commentaires sont les bienvenus sur son blog ou son site

Et si vous avez le temps, faites circuler l’info!!!

Copyright Greg Fontaine 2011/ Image Pierre Gable/Graphisme Ghyslaine Chortey

http://www.gregfontaine.com/

Rien n’est plus beau dans le mondeQu’une petite fille qui sourit aux choses que l’on ne voit pasAux choses qu’elle imagine, qui n’existent que pour elleLa vie, le monde, leur monotonieSont trop vils pour l’atteindreElle possède un grand parcRempli de riches idéesOù les paysages changent lorsqu’elle s’en fatigueUn jour ce sont les boisUn autre jour c’est différentContrairement à nous les hommes qui ne pouvons qu’admirerElle crée et étale ses belles idées pour elle seuleLe royaume de l’enfanceLa plus belle des chosesOù toutes ces petites viesSe promènent en chefOù les plus belles idéesSont là pour obéirOù la seule musique sont des rires d’enfantsQui font barrière à toutEloignant la tristesseEtudiez bien le regard de l’enfantEssayer de suivre le chemin qu’il parcourtEt si vous parvenez à bien suivre la routeVous serez seul vivant dans le pays des dieuxMichel Bernanos (Au devant de vous)
© Pierre Gable 2011

Rien n’est plus beau dans le monde
Qu’une petite fille qui sourit aux choses que l’on ne voit pas

Aux choses qu’elle imagine, qui n’existent que pour elle

La vie, le monde, leur monotonie
Sont trop vils pour l’atteindre
Elle possède un grand parc
Rempli de riches idées
Où les paysages changent lorsqu’elle s’en fatigue

Un jour ce sont les bois
Un autre jour c’est différent
Contrairement à nous les hommes qui ne pouvons qu’admirer
Elle crée et étale ses belles idées pour elle seule

Le royaume de l’enfance
La plus belle des choses
Où toutes ces petites vies
Se promènent en chef
Où les plus belles idées
Sont là pour obéir
Où la seule musique sont des rires d’enfants
Qui font barrière à tout
Eloignant la tristesse

Etudiez bien le regard de l’enfant
Essayer de suivre le chemin qu’il parcourt
Et si vous parvenez à bien suivre la route
Vous serez seul vivant dans le pays des dieux

Michel Bernanos (Au devant de vous)

© Pierre Gable 2011

GREEN IS BEAUTIFUL

Le numéro 9 de GREEN IS BEAUTIFUL® est sorti.  C’est le premier de nos 3 numéros dédiés au thème de la forêt (dans le cadre de l’Année internationale de la forêt). 

Un magazine éthique et cohérent dans sa démarche rassemblant des écrits qui remuent les méninges, poétisent le réel, ravivent les étincelles du Monde. Une grande place est laissée à la création artistique qui nous emmène toujours plus loin. 

VAGABONDEUSE
Elle a fait sa valise
 Les pieds le nez au vent
Sans regarder devantDans sa bulle insoumise…Es-tu la femme enfantDe mes fantasques livres ?De celles qui délivrentLes amours enlaçants …Vagabondeuse,Tes pas te font presque envolerVagabondeuse,Comme il est bon d’imaginerTa moue boudeuseL’innocence à tes piedsLe poids de ce trésorAccroché à ton brasVoyage sans effortPour de si frêles doigtsTu transportes peut-êtreLa femme que tu serasTu sais que les tempêtesUn jour seront sur toiVagabondeuseTes pas te font presque envolerVagabondeuseComme il est bon d’imaginerTa moue boudeuseL’innocence à tes piedsVagabondeuseSi je pouvais te ressemblerL’allure gracieuseComme il est bon d’imaginerLa malicieuseL’ange qui va décollerSolitude amoureuseGuidant ton moindre pasDestinée silencieuseD’où tu ne reviendras…Vagabondeuse,Tes pas de fées sous tes souliersD’ensorceleuseMe donnent envie d’imaginerLa malheureuseCelle que tu as quitté…Vagabondeuse,Tes pas te font presque envolerVagabondeuse,Comme il est bon d’imaginerTa moue boudeuseL’innocence à tes piedsPHOTO : Pierre GABLE  TEXTE  GUILAM

VAGABONDEUSE

Elle a fait sa valise

 Les pieds le nez au vent

Sans regarder devant
Dans sa bulle insoumise…
Es-tu la femme enfant
De mes fantasques livres ?
De celles qui délivrent
Les amours enlaçants …

Vagabondeuse,
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse,
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds

Le poids de ce trésor
Accroché à ton bras
Voyage sans effort
Pour de si frêles doigts
Tu transportes peut-être
La femme que tu seras
Tu sais que les tempêtes
Un jour seront sur toi

Vagabondeuse
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds

Vagabondeuse
Si je pouvais te ressembler
L’allure gracieuse
Comme il est bon d’imaginer
La malicieuse
L’ange qui va décoller

Solitude amoureuse
Guidant ton moindre pas
Destinée silencieuse
D’où tu ne reviendras…

Vagabondeuse,
Tes pas de fées sous tes souliers
D’ensorceleuse
Me donnent envie d’imaginer
La malheureuse
Celle que tu as quitté…

Vagabondeuse,
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse,
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds

PHOTO : Pierre GABLE  
TEXTE  GUILAM

“Quand les mysteres sont tres malins, ils se cachent dans la lumiere.”
“When the mysteries are very clever, they hide in the light.”

“Quand les mysteres sont tres malins, ils se cachent dans la lumiere.”

“When the mysteries are very clever, they hide in the light.”

Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets. Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral. Je l’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs…
 Elle me disait, « les roses ont des épines qui blessent. Le sang coule à trop cueillir les fleurs »
Je lui répondais, « je ne coupe pas la belle, j’observe le calice et la corolle naître sur l’arbre, j’aime les  voir s’épanouir aux rythmes des saisons. Les racines en terre, les pétales caressés par les vents, elles exhalent leurs parfums et se tournent confiantes vers le soleil, pas un homme pour les désirer, pas un jardinier pour les déraciner. »
Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des rêves. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des histoires chimériques, contes et versets.
 Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec  bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs. Ma fille est une rose dans mon jardin, une fleur sauvage sans épines. Je la cueille à l’aube quand la rosée humecte ses joues rosies. Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets.
Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses,
Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores,
Juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs.
« Tu es ma fleur lui dis-je, ma rose des vents ».
D’un sourire, d’un regard elle m’indique les chemins des merveilles et les alizés des mers lointaines. Si je saigne d’avoir trop aimé, si mon cœur s’assèche d’avoir  trop coupé de fleurs, elle est là pour arroser mon sol aride de ses larmes  salées.
Je ne suis plus un désert, une fleur de printemps pousse en mon cœur. Elle embellit ma vie, gracieusement ne demandant en retour  que les rayons du soleil, un peu d’eau de pluie, du vent dans ses pétales et le regard complice d’un jardinier faiseur de merveilles. 

© Pierre Gable 2011 Photographie/texte

Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets. Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral. Je l’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs…

 Elle me disait, « les roses ont des épines qui blessent. Le sang coule à trop cueillir les fleurs »

Je lui répondais, « je ne coupe pas la belle, j’observe le calice et la corolle naître sur l’arbre, j’aime les  voir s’épanouir aux rythmes des saisons. Les racines en terre, les pétales caressés par les vents, elles exhalent leurs parfums et se tournent confiantes vers le soleil, pas un homme pour les désirer, pas un jardinier pour les déraciner. »

Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des rêves. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des histoires chimériques, contes et versets.

 Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec  bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs. Ma fille est une rose dans mon jardin, une fleur sauvage sans épines. Je la cueille à l’aube quand la rosée humecte ses joues rosies. Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets.

Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses,

Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores,

Juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs.

« Tu es ma fleur lui dis-je, ma rose des vents ».

D’un sourire, d’un regard elle m’indique les chemins des merveilles et les alizés des mers lointaines. Si je saigne d’avoir trop aimé, si mon cœur s’assèche d’avoir  trop coupé de fleurs, elle est là pour arroser mon sol aride de ses larmes  salées.

Je ne suis plus un désert, une fleur de printemps pousse en mon cœur. Elle embellit ma vie, gracieusement ne demandant en retour  que les rayons du soleil, un peu d’eau de pluie, du vent dans ses pétales et le regard complice d’un jardinier faiseur de merveilles. 


© Pierre Gable 2011 Photographie/texte