Etudiez bien le regard de l’enfant
Essayer de suivre le chemin qu’il parcourt
Et si vous parvenez à bien suivre la route
Vous serez seul vivant dans le pays des dieux
Michel Bernanos (Au devant de vous)
Les enfants observent le monde en fixant leur attention sur des details. Pour la plupart d’entre nous, ces fragments sont insignifiants. Ils n’ont jamais une vue globale, l’univers qui les entoure est trop abstrait, trop vaste. L’ensemble est parcellaire. Ils concentrent leur vue sur un monde que les adultes ne percoivent plus au premier regard. Ces derniers ont eux une vue holistique sur le monde qui les entoure, c’est aussi surement ce qui les rattache à la raison, ou les conduits vers la folie, allez savoir. Je tente modestement a travers mes images de retrouver ces fragments d’enfance, de figer ce qui est invisible pour la plupart d’entre nous.
Pierre Gable
Etudiez bien le regard de l’enfant
Essayer de suivre le chemin qu’il parcourt
Et si vous parvenez à bien suivre la route
Vous serez seul vivant dans le pays des dieux
Michel Bernanos (Au devant de vous)
« Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence. »
Chateaubriand
Extrait
Alors ils furent enchantés en arbres,
et dans l’attente de n’être plus arbres,
les arbres élevèrent leur voix
en quatre flots d’harmonie.
Les combats cessèrent.
Au cirque de l’enfance
Enflammez les fanions
Lancez les cotillons
Voyez, je suis la reine
Mais qu’on ne s’y méprenne
C’est toi qui mène.
Manège, tourbillon
La poupée de chiffon
C’est moi, plus rien ne brille
En moi, faites que brillent
Tes pupilles.
Canaille, tu es le clown,
Dis-moi, combien de rounds
Pour te payer ma tête
Combien de pirouettes
De galipettes ?
Voilà, je suis KO
Je flirte avec la mort,
Sous le grand chapiteau
J’aperçois ton chapeau
Qui tourne encore.
Je mime le bonheur
Tu frimes, bouche en cœur
En ignorant la phase
Critique où tu embrases
Mon ombre chinoise.
J’ai les tripes qui brûlent
J’ai la tête qui fume
Fais moi le coup final
Balance le grand voile
Des étoiles.
Vienne le magicien
Réveiller dans mon sang
Ce temps, mon enfant-roi
Ce temps béni des rois
Où je fus toi.
COURANT D’AIR (2011)
Du vernis sur les ongles
Et puis sur tout le corps
Envolées mes fissures
Cachées sous le décor
La route a été longue
Minée, j’en suis pas sûre
J’ai tenté l’aventure
La vie sans réconfort
Mais toi si tu veux bien
Il reste de la place
Regarde sous mes fenêtres
Y’a comme de l’air qui passe…
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Quand tout s’éclaire
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Mon bel éclair
Du noir autour des yeux
Sans larmes qui dégoulinent
Je suis derrière le bleu
Celui de la vitrine
En rayon j’ai des heures
De bonheur et de spleen
Des petits bouts d’mon cœur
Qui parfois s’illuminent
Pour toi si tu veux bien
Je ferai de la place
J’ouvrirai mes fenêtres
Je suis la fille d’en face…
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Quand tout s’éclaire
Tu s’rais mon courant d’air
Mon voyage dans l’espace
Mon bel orage
Mon univers
Texte Guilam http://www.guilam.com/
Photo : Manon Gable
L’interprétation des signes - La boîte à ooTi - Slide Photos de Pierre Gable par ooTiSkulf
La Boîte à ooTi est née de la rencontre de la chanteuse ooTi *et de John Trap* et Arnaud Le Gouëfflec*, pygmalions et partenaires, qui lui ont tissé sur mesure ces chansons à énigmes, entre onirisme et inquiétante étrangeté. Elle chante, en français, et partage sur un 1er EP à venir, 1 duo avec Dominique A ( 1 second figurera sur l’album ) , autre oiseau sauvage. Ces 4 chansons, comptines ou charades, évoquent des histoires de boîte qu’il ne faut surtout pas ouvrir, de petites filles qui hantent la rivière, de chevalier prisonnier du miroir et de signes à déchiffrer. Elles dégagent un parfum de Tim Burton, doublé de sorcellerie bretonne, avec brasier de guitares et claviers mystérieux. Un univers sonore singulier et des textes au cordeau, marqués par l’enfance, ses trésors cachés et ses ombres. EP 4 titres le 4 avril 2011 , 1er album « La boîte à ooTi » à venir , mixé et masterisé par Gilles Martin .
John Trap est compositeur et arrangeur. Responsable d’une myriade de disques et collaborations ( pOOr bOy - SLuG - Chansons tombées de la lune - musiques de films et documentaires…), on distingue immédiatement sa patte, foisonnante et onirique.Sa musique évoque les fantômes de John Williams, Eels, mais peu importe les références…John Trap seul détient la clef de ce monde sonore, de cet immense cabinet de curiosités dont il est le gardien halluciné. Un monde, un vrai…http://www.noomiz.com/johntrap
Le nouvel EP ‘Rocca Maura’ de Greg Fontaine est enfin disponible!!
N’hésitez pas à aller l’écouter ici ou à le commander là.
Vos commentaires sont les bienvenus sur son blog ou son site
Et si vous avez le temps, faites circuler l’info!!!
Copyright Greg Fontaine 2011/ Image Pierre Gable/Graphisme Ghyslaine Chortey
Rien n’est plus beau dans le monde
Qu’une petite fille qui sourit aux choses que l’on ne voit pas
Aux choses qu’elle imagine, qui n’existent que pour elle
La vie, le monde, leur monotonie
Sont trop vils pour l’atteindre
Elle possède un grand parc
Rempli de riches idées
Où les paysages changent lorsqu’elle s’en fatigue
Un jour ce sont les bois
Un autre jour c’est différent
Contrairement à nous les hommes qui ne pouvons qu’admirer
Elle crée et étale ses belles idées pour elle seule
Le royaume de l’enfance
La plus belle des choses
Où toutes ces petites vies
Se promènent en chef
Où les plus belles idées
Sont là pour obéir
Où la seule musique sont des rires d’enfants
Qui font barrière à tout
Eloignant la tristesse
Etudiez bien le regard de l’enfant
Essayer de suivre le chemin qu’il parcourt
Et si vous parvenez à bien suivre la route
Vous serez seul vivant dans le pays des dieux
Michel Bernanos (Au devant de vous)
© Pierre Gable 2011
Le numéro 9 de GREEN IS BEAUTIFUL® est sorti. C’est le premier de nos 3 numéros dédiés au thème de la forêt (dans le cadre de l’Année internationale de la forêt).
Un magazine éthique et cohérent dans sa démarche rassemblant des écrits qui remuent les méninges, poétisent le réel, ravivent les étincelles du Monde. Une grande place est laissée à la création artistique qui nous emmène toujours plus loin.
VAGABONDEUSE
Elle a fait sa valise
Les pieds le nez au vent
Sans regarder devant
Dans sa bulle insoumise…
Es-tu la femme enfant
De mes fantasques livres ?
De celles qui délivrent
Les amours enlaçants …
Vagabondeuse,
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse,
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds
Le poids de ce trésor
Accroché à ton bras
Voyage sans effort
Pour de si frêles doigts
Tu transportes peut-être
La femme que tu seras
Tu sais que les tempêtes
Un jour seront sur toi
Vagabondeuse
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds
Vagabondeuse
Si je pouvais te ressembler
L’allure gracieuse
Comme il est bon d’imaginer
La malicieuse
L’ange qui va décoller
Solitude amoureuse
Guidant ton moindre pas
Destinée silencieuse
D’où tu ne reviendras…
Vagabondeuse,
Tes pas de fées sous tes souliers
D’ensorceleuse
Me donnent envie d’imaginer
La malheureuse
Celle que tu as quitté…
Vagabondeuse,
Tes pas te font presque envoler
Vagabondeuse,
Comme il est bon d’imaginer
Ta moue boudeuse
L’innocence à tes pieds
PHOTO : Pierre GABLE TEXTE GUILAM
“Quand les mysteres sont tres malins, ils se cachent dans la lumiere.”
“When the mysteries are very clever, they hide in the light.”
Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets. Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral. Je l’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs…
Elle me disait, « les roses ont des épines qui blessent. Le sang coule à trop cueillir les fleurs »
Je lui répondais, « je ne coupe pas la belle, j’observe le calice et la corolle naître sur l’arbre, j’aime les voir s’épanouir aux rythmes des saisons. Les racines en terre, les pétales caressés par les vents, elles exhalent leurs parfums et se tournent confiantes vers le soleil, pas un homme pour les désirer, pas un jardinier pour les déraciner. »
Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des rêves. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des histoires chimériques, contes et versets.
Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores, juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs. Ma fille est une rose dans mon jardin, une fleur sauvage sans épines. Je la cueille à l’aube quand la rosée humecte ses joues rosies. Elle me disait, que l’on attire les filles avec des roses, les garçons avec des vers. Accoudé au zinc de l’univers, je lui écrivais des billets d’amour en prose, des lettres en bouquets.
Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métamorphoses,
Je n’avais pas de jardin pour cultiver les métaphores,
Juste un petit cœur en friche. Un petit cœur tout sec bercé par le mistral, que j’arrosais de tant à autres aux larmes de ses pleurs.
« Tu es ma fleur lui dis-je, ma rose des vents ».
D’un sourire, d’un regard elle m’indique les chemins des merveilles et les alizés des mers lointaines. Si je saigne d’avoir trop aimé, si mon cœur s’assèche d’avoir trop coupé de fleurs, elle est là pour arroser mon sol aride de ses larmes salées.
Je ne suis plus un désert, une fleur de printemps pousse en mon cœur. Elle embellit ma vie, gracieusement ne demandant en retour que les rayons du soleil, un peu d’eau de pluie, du vent dans ses pétales et le regard complice d’un jardinier faiseur de merveilles.
© Pierre Gable 2011 Photographie/texte